✔ Les Incoterms 2020 sont toujours en vigueur en 2026.
Publiés par la Chambre de Commerce Internationale (CCI) le 1ᵉʳ janvier 2020, ils remplacent définitivement les Incoterms 2010. Aucune nouvelle version n'est prévue à ce jour.
Chaque année, des milliers de contrats internationaux sont mal négociés, non pas à cause du prix, mais à cause d'un Incoterm mal choisi ou mal compris. EXW, FOB, CIF, DDP… Ces sigles de trois lettres définissent précisément qui paie quoi, et qui est responsable de quoi, tout au long d'une transaction internationale. Pour les dirigeants de PME exportatrices, les maîtriser n'est pas une option : c'est un avantage concurrentiel direct. Ce guide pratique vous donne toutes les clés pour comprendre, comparer et choisir l'Incoterm adapté à chaque situation.

Un Incoterm (International Commercial Term) est une règle standardisée publiée par la Chambre de Commerce Internationale (CCI) qui définit, dans un contrat de vente internationale, la répartition des obligations entre le vendeur et l'acheteur sur trois points essentiels :
La version actuelle « les Incoterms 2020 » comprend 11 règles, regroupées en deux catégories :
Si vous avez travaillé avec les Incoterms 2010, voici les évolutions à retenir dans la version 2020 :
Ce tableau récapitule les caractéristiques essentielles de chaque Incoterm :
| Incoterm | Transport | Frais payés par | Risque transféré à | Conseillé pour |
| EXW | Tous modes | Acheteur (tout) | Dès la mise à dispo en entrepôt vendeur | Vendeur souhaitant minimiser ses obligations |
| FCA | Tous modes | Vendeur → point livraison / Acheteur → suite | Remise au premier transporteur | Transport aérien, ferroviaire, multimodal |
| FAS | Maritime | Vendeur → port / Acheteur → embarquement+ | Marchandise le long du navire | Vrac, marchandises non conteneurisées |
| FOB | Maritime | Vendeur → port départ / Acheteur → fret+ | Chargement à bord du navire | Conteneurs, commerce international classique |
| CFR | Maritime | Vendeur paie fret / Acheteur supporte risque transit | Chargement à bord au port départ | Vendeur maîtrisant la logistique maritime |
| CIF | Maritime | Vendeur paie fret + assurance minimale | Chargement à bord au port départ | Acheteur peu expérimenté à l'export |
| CPT | Tous modes | Vendeur paie transport / Acheteur assume risque | Remise au premier transporteur | Multimodal, quand le vendeur gère le transport |
| CIP | Tous modes | Vendeur paie transport + assurance étendue | Remise au premier transporteur | Transport aérien, multimodal à haute valeur |
| DAP | Tous modes | Vendeur paie tout sauf droits import | Mise à dispo au lieu de destination convenu | E-commerce B2B, livraison au client final |
| DPU | Tous modes | Vendeur paie tout y compris déchargement | Après déchargement au lieu convenu | Livraison sur quai, ports ou entrepôts spécifiques |
| DDP | Tous modes | Vendeur paie tout, droits inclus | Livraison chez l'acheteur, droits acquittés | Acheteur exigeant une livraison clé en main |
EXW - Ex Works : le plus simple… pour le vendeur
Avec EXW, le vendeur n'a qu'une seule obligation : rendre la marchandise disponible dans ses locaux. L'acheteur prend en charge le chargement, le transport international, les formalités douanières d'export et d'import, et supporte tous les risques dès la prise en charge.
Avantage vendeur : zéro démarche logistique après la mise à disposition.
Inconvénient acheteur : complexité maximale, besoin d'un transitaire compétent dans le pays du vendeur.
Risque caché : le vendeur peut avoir du mal à déclarer l'export (douane) car c'est l'acheteur qui en est responsable. Cela peut créer des problèmes fiscaux et de remboursement de TVA.
| 💡 | Conseil : EXW convient surtout aux échanges entre entreprises proches géographiquement ou lorsque l'acheteur dispose d'une logistique très organisée dans le pays du vendeur. Pour l'export pur, FCA est souvent plus adapté. |
FOB - Free On Board : le grand classique du maritime
FOB est l'Incoterm le plus utilisé dans le commerce international maritime. Le vendeur prend en charge les frais jusqu'au chargement à bord du navire dans le port d'embarquement. L'acheteur prend le relais pour le fret maritime, l'assurance et la douane à l'importation.
Transfert de risque : au moment où la marchandise est placée à bord du navire, dans le port d'embarquement convenu.
Avantage : partage équilibré des responsabilités, bien connu des banques et assureurs.
Attention : FOB est réservé au transport maritime et fluvial, pas au multimodal ni à l'aérien.
| 💡 | Conseil : si votre marchandise voyage en conteneur, préférez FCA à FOB. En transport conteneurisé, la marchandise est remise au transporteur ou à l'opérateur de terminal bien avant l'embarquement. Utiliser FOB crée alors un « trou » de responsabilité entre la remise au premier transporteur et la mise à bord effective. FCA couvre précisément cette réalité opérationnelle. |
CIF - Cost, Insurance and Freight : attention au transfert de risque
CIF est souvent demandé par les acheteurs car il semble confortable : le vendeur paie le fret et l'assurance. Mais le risque se transfère dès l'embarquement au port de départ, pas à l'arrivée. L'acheteur est donc exposé en transit, avec une assurance minimale (clause C) souscrite par le vendeur.
Transfert de risque : au chargement à bord, port de départ.
Assurance minimale obligatoire : clause C des Institute Cargo Clauses (risques de base seulement). Point de vigilance : l'acheteur n'a aucun contrôle sur la qualité de l'assurance souscrite par le vendeur.
| ⚠ | Alerte PME : beaucoup d'acheteurs croient que sous CIF, le risque voyage avec la marchandise jusqu'à destination. C'est faux. En cas de sinistre en mer, c'est l'acheteur qui doit faire jouer l'assurance, souscrite par le vendeur à son profit. Vérifiez toujours les conditions de la police d'assurance. |
DDP - Delivered Duty Paid : tout compris… pour l'acheteur
DDP est l'Incoterm qui place le maximum d'obligations sur le vendeur : il livre la marchandise à destination, droits de douane acquittés. Idéal en théorie pour l'acheteur, DDP exige que le vendeur soit capable de gérer la douane à l'import dans le pays de l'acheteur - ce qui peut être très complexe.
Avantage acheteur : livraison clé en main, aucune démarche logistique.
Risque vendeur : gestion de la TVA à l'import, obtention d'un numéro d'importateur local, complexité réglementaire.
Cas d'usage : e-commerce B2C international, secteurs où l'acheteur est peu outillé pour la logistique.
| 💡 | Conseil : avant d'accepter un DDP, vérifiez que vous pouvez légalement importer dans le pays de l'acheteur et que vous maîtrisez les droits de douane applicables. Une erreur de classification douanière peut engager votre responsabilité. |
Il n'existe pas d'Incoterm universellement meilleur. Le bon choix dépend de votre situation spécifique. Posez-vous ces cinq questions :
Question 1 : Qui maîtrise le mieux la chaîne logistique ?
C'est la question fondamentale. Confiez les formalités et le transport à celui qui a le plus d'expertise sur le marché concerné. Si vous exportez vers un pays où vous n'avez pas de contacts logistiques, évitez CIF et DDP : vous gérerez de l'inconnu.
Question 2 : Quel mode de transport utilisez-vous ?
FOB, CFR, CIF et FAS sont exclusivement réservés au transport maritime et fluvial (hors conteneurs). Pour l'aérien, le routier ou le multimodal (conteneurs), utilisez impérativement les règles "tous modes" : FCA, CPT, CIP, DAP, DPU, DDP.
Question 3 : Quel est votre appétit pour le risque ?
Plus l'Incoterm transfère le risque tôt (EXW, FCA), moins le vendeur est exposé. Plus le transfert est tardif (DAP, DDP), plus le vendeur supporte de risques. Vérifiez que votre police d'assurance couvre bien la période pendant laquelle vous supportez le risque.
Question 4 : Avez-vous un crédit documentaire ?
Dans les opérations financées par crédit documentaire, la banque exigera souvent un connaissement "à bord". FCA (depuis Incoterms 2020) et FOB permettent de répondre à cette exigence. Vérifiez avec votre banque avant de choisir votre Incoterm.
Question 5 : Quel est le rapport de force commercial ?
Votre capacité à imposer un Incoterm dépend aussi de votre position. Un grand donneur d'ordres imposera souvent EXW ou FCA à ses fournisseurs. Un fournisseur en position de force pourra imposer DAP ou DDP. Négociez l'Incoterm comme vous négociez le prix.
Erreur 1 : Confondre Incoterm et transfert de propriété
Un Incoterm définit le transfert des risques et des coûts, pas la propriété du bien. La propriété se transfère selon les dispositions du contrat de vente ou la loi applicable.
Erreur 2 : Utiliser FOB pour des conteneurs
En transport conteneurisé, la marchandise est confiée au transitaire ou à l'opérateur de terminal bien avant l'embarquement. Utiliser FOB crée un "trou" de responsabilité entre la remise au premier transporteur et le chargement à bord. Utilisez FCA.
Erreur 3 : Négliger l'assurance sous CIF
Sous CIF, le vendeur souscrit une assurance minimale (clause C). L'acheteur, qui supporte le risque en transit, devrait toujours vérifier, et compléter si nécessaire cette couverture.
Erreur 4 : Accepter EXW sans pouvoir gérer la douane export
Sous EXW, c'est l'acheteur qui doit faire la déclaration d'export dans le pays du vendeur. Pour le vendeur, cela peut bloquer le remboursement de TVA. Préférez FCA pour les exports : vous restez responsable de la douane d'export (et pouvez récupérer votre TVA).
Erreur 5 : Oublier de mentionner le lieu précis
Chaque Incoterm doit être accompagné d'un lieu nommé précisément. "FOB" seul est insuffisant. Écrivez : "FOB Port du Havre, Incoterms® 2020". Sans cette précision, des litiges peuvent survenir sur l'interprétation du point de transfert.
Maîtriser les Incoterms 2020 ne se limite pas à leur compréhension théorique. C’est avant tout savoir piloter les flux, anticiper les risques et garantir une exécution logistique parfaitement maîtrisée.
Dans des environnements exigeants, transport sur mesure, marchandises sensibles ou à forte valeur, le choix de l’Incoterm devient un véritable levier de sécurisation et d’optimisation. Un cadrage précis permet d’éviter les zones de flou, de fluidifier les opérations et de préserver la qualité de service attendue.
Chez WES, nous accompagnons nos clients bien au-delà du transport :
Notre objectif : garantir des flux parfaitement maîtrisés, de l’enlèvement à la livraison finale.
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